Les Journées de Tam Dao

Tam Dao Mada

« Tam Dao Mada »

Université d’hiver austral en Sciences Sociales à Madagascar 2016

Gouvernance, Institutions et rôle des élites : Approches méthodologiques et transversales

15 – 22 juillet 2016

 

L’Université d’hiver austral en sciences sociales à Madagascar – Tam Dao Mada – vise à dispenser une formation à la recherche de haut niveau en sciences sociales. S’inscrivant dans une démarche pluridisciplinaire en croisant les apports des différentes disciplines des sciences sociales (économie, statistiques, socio-anthropologie, histoire, linguistique, géographie, science politique, etc.), elle s’adresse à un large public.

Suivant l’objectif de renforcement des capacités à Madagascar et dans la région, Tam Dao Mada a vocation à être reconduite tous les ans. Chaque année, une entrée thématique transversale est choisie pour permettre aux participants d’améliorer leurs connaissances et de se familiariser avec des approches, outils ou méthodes d’analyse en sciences sociales mobilisés par des chercheurs pour aborder concrètement une problématique donnée. Parallèlement à l’objectif méthodologique, il s’agit de renforcer les capacités d’analyse des changements économiques et sociaux ainsi que des projets de développement. Chaque édition annuelle est organisée sur une durée d’une dizaine de jours : 1 à 2 jours  de sessions plénières et 5 à 6 jours d’ateliers parallèles.

Outre la formation dispensée, cette université d’hiver austral permet de constituer une plateforme de discussion sur une thématique transversale donnée et les politiques qui s’y rapportent. En effet, la formation étant l’occasion d’échanges, se forme un réseau de chercheurs pouvant également transmettre leurs connaissances.

Cette première édition s’inscrira parmi les évènements connexes au sommet de la Francophonie. En lien  avec  le  thème  de  ce  sommet,  Tam  Dao  Mada  2016  aura  pour  thématique  transversale « Gouvernance, Institutions et rôle des élites »

Cette université d’hiver austral repose sur une longue expérience initiée au Vietnam par différentes institutions dont l’IRD, l’AUF et l’AFD. Tam Dao Mada est ainsi jumelée avec l'Université d'été en Sciences Sociales en Asie du Sud-Est intitulée « Les journées de Tam Dao » (JTD) qui est conduite annuellement depuis 2007 (http://www.tamdaoconf.com/).

Pour avoir accès au programme mis à jour : (http://www.dial.ird.fr/universite-d-hiver-austral-en-sciences-sociales-a-madagascar)

Comité scientifique

  • Philippe Bataille (AUF)
  • Claude-Anne Gauthier (IRD)
  • Stéphane Lagrée (JTD Vietnam)
  • Jean-David Naudet (AFD)
  • Faranirina Rajaonah (Université Paris-Diderot et Université d’Antananarivo)
  • Ida Rajaonera (INSTAT)
  • Helihanta Rajaonarison (Université d’Antananarivo)
  • Faly Rakotomanana (INSTAT)
  • Gabriel Rantoandro (Université d’Antananarivo)
  • Mamy Ravelomanana (Université d’Antananarivo)
  • Mireille Razafindrakoto (IRD)
  • Lolona Razafindralambo (Université d’Antananarivo)
  • Laetitia Razafimamonjy (COEF Ressources) o Désiré Razafindrazaka (COEF Ressources) o François Roubaud (IRD)
  • Samuel F. Sanchez (IRD)
  • Jean-Michel Wachsberger (IRD & Université de Lille)

 

« Tam Dao Mada »

Université d’hiver aUstral en sciences sociales à Madagascar 2016

Gouvernance, Institutions et rôle des élites :

Approches méthodologiques et transversales

15 – 22 juillet 2016

PROGRAMME PROVISOIRE

 

SEANCES PLENIERES

Lieu : Antananarivo (Université d’Ankatso ; lieu à préciser)

Objectif des séances plénières (avec des interventions sous forme de conférence) : Traiter en 30 mn un sujet en présentant un état des lieux de la question (+30 minutes de discussions).

Le contenu des présentations variera en fonction des thématiques mais globalement l’idée est de permettre aux participants d’avoir une vision globale sur l’état de la recherche sur un sujet.

  • Contexte/situation actuelle
  • Les principales problématiques
  • Principaux résultats et les enjeux
  • Objectif : Donner un aperçu des différentes approches/disciplines des Sciences Sociales en abordant une problématique centrale

Vendredi 15 juillet

  • Matin
    • 8h30-9h : Accueil
    • 9h-9h45 : Séance d’ouverture Pause
    • 10h-11h15   Evolution des rapports sociaux dans l’histoire de Madagascar Intervention d’un conférencier (suivie de discussions-débats)
    • 11h15-12h30  Le blocage social sur longue période à travers le prisme de l’économie Intervention d’un conférencier (suivie de discussions-débats)
  • Après-midi
    • Perceptions populaires de l’exercice du pouvoir à Madagascar 14h-17h Présentation d’une étude et d’un film documentaire sur la thématique « Le pouvoir et les citoyens » réalisé dans le cadre du programme INCIPALS/ECES/Collateral Creations/Délégation de l’UE à Madagascar

Samedi 16 juillet

  • Matin
    • 9h-10h  Inégalités, rapports de force entre groupes sociaux : approche anthropologique Intervention d’un conférencier (suivie de discussions-débats)
    • Pause
    • 10h15-11h30 Table-ronde sur le rôle des élites et des citoyens (avec des intervenants du monde académique, du secteur public, de la société civile)
    • Synthèse des séances plénières + discussions

 

ATELIERS PARALLELES

Du 18 au 22 Juillet à Antsirabe (lieu à préciser)

Format : cinq journées de travail en atelier  (dont une demi-journée de restitution des travaux de groupe)

Objectif des ateliers

Il s’agit de permettre aux participants d’acquérir des connaissances approfondies et pratiques sur la façon d’aborder une thématique et une problématique donnée (plus interactif et plus appliqué par rapport aux interventions des sessions plénières), se familiariser avec différentes approches méthodologiques. Les formateurs chercheront notamment à travers les ateliers à illustrer la complémentarité entre les disciplines.

Les ateliers constituent une occasion pour les participants de développer dans le cadre de groupe de travail des micro-projets qui leur permettent de se confronter concrètement aux contraintes et limites inhérentes à une approche ou à la mobilisation d’un outil pour aborder une problématique donnée.

Le public sera composé d’étudiants en Master ou en thèse, de chercheurs et d’enseignants- chercheurs, de fonctionnaires, d’acteurs du développement ou de cadres du secteur privé, originaires de Madagascar et de la région (océan indien).

Deux ateliers sont prévus pour cette édition 2016 de Tam Dao Mada.

  • ATELIER 1
  • Élites, pouvoir et citoyens : approches socio-économique
  • ATELIER 2
  • Notabilités et pouvoirs : méthodes pour l’Histoire, la mémoire, et le patrimoine

 

ATELIER 1

Elites, pouvoir et citoyens : approches socio-économiques

M. RAZAFINDRAKOTO (IRD-DIAL), N.  RAZAKAMANANA (IRD-DIAL), F. ROUBAUD (IRD-DIAL) et J.-M. WACHSBERGER (Université Lille 3, DIAL) avec la participation de A. BIAUSSAT et M. TABET (Collateral Creations)

 

Depuis son indépendance, Madagascar est englué dans ce qui apparaît comme un cercle vicieux. D’une part, le pays ne cesse de régresser économiquement depuis un demi-siècle, ce qui constitue une énigme tant le pays dispose d’atouts et de conditions favorables à son développement. D’autre part, et c’est le paradoxe, à chaque fois qu'un épisode de croissance s'est fait jour, une crise de nature sociopolitique est survenue pour interrompre la dynamique enclenchée. Parmi les causes de cette histoire tragique, une piste plausible tourne autour de la gouvernance, des institutions et du rôle des élites.

C’est le rôle de ces facteurs et leurs mécanismes que se propose d’explorer cet atelier en mobilisant des outils qui combinent approches quantitatives et qualitatives. Aujourd’hui, la majorité des chercheurs en Sciences Sociales s’accordent pour reconnaître que les enquêtes quantitatives et les enquêtes qualitatives, loin de s’opposer, se complètent. En définitive, la pertinence d’une méthode dépend des objectifs poursuivis, du thème abordé et des moyens disponibles. Pour autant, le recours à des approches mixtes combinant ces deux types d’enquête demeure l’exception plutôt que la règle.

Animé par une équipe pluridisciplinaire (économistes, sociologues, anthropologues visuels et statisticiens), de l’IRD et de diverses universités, cet atelier vise à familiariser les étudiants avec l’une et l’autre approche, en présentant leurs objectifs respectifs, les méthodologies sur lesquelles elles reposent, leurs avantages et leurs limites, de façon à mettre en lumière leurs différences et leurs complémentarités. Pour cela, les intervenants prendront appui sur des exemples très concrets issus de leur propres travaux de recherche à Madagascar : des enquêtes statistiques réalisées par leurs soins ou à leur instigation (enquêtes GPS, ELIMAD, etc.) ; du matériel qualitatif de type socio-anthropologique (observation, entretiens), y compris audio-visuel. L’atelier s’inscrit dans la continuité de la session plénière de restitution consacrée au projet Pouvoir et Citoyens.

L’atelier alternera présentations générales par les formateurs et applications concrètes, dont la réalisation d’une mini-enquête sur le terrain et des travaux de groupes. Profitant de la diversité des intervenants et du croisement de leurs points de vue, une réflexion critique sera menée pour préciser le domaine de validité des différentes approches. Les modalités d’interactions privilégieront une approche participative stimulée par les échanges croisés entre formateurs, ainsi qu’entre formateurs et participants.

 

ATELIER 2

Notabilités et pouvoirs : méthodes pour l’Histoire, la mémoire, et le patrimoine

S. F. SANCHEZ (IRD-DIAL),  Helihanta RAJAONARISON (Univ. Antananarivo), Frédérique ANDRIAMARO (Univ. Antananarivo) avec la participation de A. BIAUSSAT et M. TABET (Collateral Creations) et Désiré RAZAFINDRAZAKA (COEF Ressources)

 

Les élites malgaches jouent un grand rôle dans l’organisation socio-politique de la Grande Île. La prise en compte des origines historiques des situations actuelles permet de mieux comprendre la constitution de ces élites et leur inscription dans la société. L’atelier 2 sera un espace de réflexion sur la trajectoire des élites et du pouvoir à travers la méthodologie en sciences sociales. L’analyse sera menée dans l’environnement immédiat de l’Université, dans la ville d’Antsirabe. Cette ville servira de laboratoire permettant de déployer des méthodes transdisciplinaires. Antsirabe, capitale du Vakinankaratra, est la 2e plus grande ville de Madagascar. Devenue centre administratif pendant la période coloniale, supplantant l’ancienne capitale provinciale de Betafo, Antsirabe est une agglomération marquée très tôt par la présence de pouvoirs forts, structurants l’espace urbain. Dès le 19e siècle, la ville fut une résidence appréciée de la monarchie merina. Après la conquête française, l’administration y développa des infrastructures sanitaires et thermales destinées aux élites coloniales. Le surnom de « Vichy malgache » caractérise bien cette « ville d’eaux », marquée par un urbanisme et un tissu architectural spécifique. Plusieurs hauts lieux et lieux de mémoires témoignent de l’insertion du pouvoir et des élites dans la ville : l’hôtel des thermes et de nombreux bâtiments luxueux symbolisent l’appropriation de la ville par des élites (agents du pouvoir, hommes d’affaires, riches touristes, aristocrates exilés, etc.) ; l’académie militaire est à la fois une institution importante du point de vue de la souveraineté de l’État et participe d’un rayonnement qui dépasse les rivages de Madagascar, accueillant des officiers venus du continent africain ; enfin, la présence d’industries (Socoma ; Socolait, etc.) et l’activité économique qui lui est liée fait d’Antsirabe une ville investie de longue date par les élites économiques de Madagascar.

L’atelier sera organisé dans l’optique d’une recherche transdisciplinaire sur les lieux du pouvoir, l’inscription des notables dans la ville en mettant en avant la dimension historique et patrimoniale spécifique d’Antsirabe. Il s’agira de former les participants aux méthodes des sciences sociales (enquêtes orales, recherches d’archives, etc.)

Après avoir travaillé sur des textes méthodologiques de portée générale, les participants expérimenteront la recherche de terrain. Ils détermineront des objets spécifiques de recherche : histoire des notabilités dans la ville ; histoire des ségrégations spatiales ; tourisme thermal ; patrimoine architectural, etc. À travers des travaux de groupes, les jeunes chercheurs développeront des méthodes pour recueillir des « traces » du passé de la ville (archives, enquêtes orales, etc.) auprès d’acteurs, de témoins et d’institutions. À la fin de l’atelier une restitution orale aura lieu.

 

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